Assurance verte : on vous explique le concept !

Assurance verte

La finance durable s’impose progressivement dans le secteur de l’assurance. Poussés par des obligations réglementaires et une prise de conscience écologique, les assureurs s’engagent dans la lutte contre le réchauffement climatique. Découvrez-en davantage sur les tenants et aboutissants de l’assurance verte, une tendance qui ne cesse de prendre de l’ampleur.

Les assureurs partent à l’assaut du charbon et des énergies fossiles

Pour réduire l’empreinte carbone de leurs portefeuilles grâce à l’assurance verte, les assureurs actionnent différents leviers. Le premier consiste à se désengager du charbon, énergie fortement émettrice de CO2. CNP Assurances, par exemple, a adopté un plan de sortie définitive du charbon thermique d’ici 2030 dans les pays de l’Union européenne et de l’OCDE, et d’ici 2040 dans le reste du monde. 

Le dialogue avec les entreprises représente une alternative au désinvestissement pur et simple. CNP Assurances utilise ainsi son droit de vote pour inciter les mauvais élèves à adopter des comportements plus vertueux.

D’autres secteurs polluants se trouvent également dans le viseur des assureurs. Dès 2017, Axa a annoncé son désinvestissement des principaux producteurs de pétrole issu des sables bitumineux et des opérateurs de pipelines associés. Le groupe Macif, quant à lui, s’interdit d’investir dans les matières premières agricoles utilisées à des fins spéculatives, ainsi que dans les énergies fossiles non conventionnelles et les sociétés ayant de nouveaux projets d’exploitation en Arctique.

Cependant, selon l’ONG Reclaim Finance, ces désinvestissements demeurent insuffisants. Pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, les assureurs devront rapidement dépasser le stade du charbon et adopter de véritables politiques d’exclusion sur d’autres énergies fossiles.

La rentabilité des obligations vertes mise en question

Les obligations vertes, ou green bonds, suscitent un engouement certain auprès des assureurs soucieux d’accélérer la transition énergétique. Cette classe d’actifs présente des rendements comparables à ceux des obligations classiques. Céline Soubranne, directrice RSE d’Axa, souligne que les green bonds sont rentables à long terme et ne risquent pas de devenir des stranded assets dans le futur.

Cependant, le succès des obligations vertes engendre un effet de rareté sur le marché. Malgré un nombre croissant d’États et d’entreprises émettant ce type d’obligations, beaucoup n’en ont encore jamais émis. Cette situation crée un déséquilibre entre l’offre et la demande, ce qui incite certains émetteurs à faire monter les prix. Or, comme le regrette Céline Soubranne, la forte demande d’actifs verts peut faire baisser le rendement.

Face à ce constat, les assureurs doivent redoubler d’efforts pour dénicher les meilleures opportunités d’investissement. Une veille constante du marché s’impose, ainsi qu’un dialogue soutenu avec les émetteurs potentiels. L’objectif est d’identifier les projets verts les plus prometteurs et d’encourager les entreprises à se lancer dans l’émission d’obligations vertes. 

Vers une transparence accrue des produits d’assurance

Les assureurs ne se contentent plus d’investir dans la finance durable. Ils s’attaquent désormais à un nouveau chantier : expliquer aux épargnants l’impact environnemental des fonds en euros et des unités de compte qui leur sont proposés. Cette démarche de transparence, exigée par les autorités européennes, vise à éclairer les assurés sur la destination de leur argent.

Le règlement Disclosure impose aux acteurs des marchés financiers de faire preuve de transparence en matière de durabilité, notamment par rapport aux produits qu’ils commercialisent. Vincent Damas, de CNP Assurances, insiste sur la nécessité d’être le plus clair possible dans l’information donnée aux assurés, car ces derniers veulent comprendre où va leur argent.

Dans ce contexte, toutes les nouvelles offres d’épargne et de retraite d’Axa répondent à une démarche de finance durable intitulée « épargne citoyenne ». L’assureur garantit ainsi la prise en compte des enjeux sociétaux et environnementaux dans ses produits.